Espace Info-Energie : aides et conseils pour les travaux de chauffage

Espace Info-Energie : aides et conseils pour les travaux de chauffage

Les espaces Info-Energie sont à la disposition des particuliers pour les accompagner dans leurs projets de travaux : neuf, rénovation, économies d’énergie, chauffage… Rencontre avec Ludovic Guy, de l’espace Info-Energie de la Maison de la Promotion Sociale à Artigues-près-Bordeaux.

Pouvez-vous rappeler les origines et objectifs du programme Info-Energie ?

« Les espaces Info-Energie ont été mis en place en 2011 par l’ADEME dans le but de renseigner et d’accompagner les particuliers (propriétaires occupants et bailleurs ou locataires) dans leurs travaux d’économies d’énergie et les renseigner sur les aides financières (crédit d’impôt, éco-prêt, CEE, etc.). Il s’agit donc de tout ce qui touche à l’isolation, au chauffage, la ventilation, l’eau chaude en rénovation comme en logement neuf. Localement les espaces Info-Energie sont portés par des organismes associatifs et sont financés par des collectivités territoriales, dans notre cas à la Maison de la Promotion Sociale c’est la Région Aquitaine, la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux) et l’ADEME. »

Etes-vous directement consultés par des particuliers ?

« Oui, les particuliers nous sollicitent directement. Nous recevons environ 250 personnes par mois dans notre espace Info-Energie, mais cela dépend des régions. Une campagne du gouvernement au sujet des aides financières a permis de booster le dispositif et nous avons reçu à l’échelle nationale près de 8000 appels par semaine. Les demandes des particuliers sont en fait simples : ils n’ont pas forcément d’idées précises, ils ont entendu des choses, lu sur internet et veulent savoir quel est le meilleur choix. Ce par quoi il faut commencer, c’est généralement l’isolation. »

Votre contact direct avec les particuliers vous permet-il d’identifier des tendances actuelles ?

« D’une manière générale, la demande s’est recentrée sur l’isolation, alors qu’il y a quelques années, les questions d’entrée se faisaient plus sur les modes de chauffage. Nous observons des tendances similaires à celles du marché national avec un maintien du gaz et une progression des pompes à chaleur. Le fioul est en perte de vitesse, nous ne recevons plus que quelques demandes pour du chauffage au fioul. Nous constatons également un intérêt croissant pour les poêles à bois, bûches ou granulés. Nous observons des tendances variées en fonction du contexte : en milieu urbain, l’attrait pour le granulé est fort. Dans les centres villes, c’est le chauffage au gaz qui est largement plébiscité, avec un grignotage progressif du granulé. Dès qu’on s’éloigne un peu, on passe sur de la pompe à chaleur ou du poêle à bois bûche.»

Quels sont les 3 premiers points à prendre en compte avant de se lancer dans des travaux de chauffage ?

« La première chose à prendre en compte, c’est l’enveloppe du bâtiment. Ca comprend plusieurs sous-rubriques : l’isolation (intérieure ou extérieure), les matériaux mis en œuvre, la surface à chauffer. Par exemple avec un poêle à bois, la règlementation thermique pose des limites : jusqu’à 100m² on peut mettre un appareil indépendant au bois, au-delà c’est plus compliqué. A cela s’ajoute les conditions extérieures comme l’exposition ou l’approvisionnement en énergie (ressources en bois, raccordement au gaz naturel, la ligne électrique pour les pompes à chaleur). Il faut également penser à l’encombrement de certaines technologies : une citerne pour le fioul ou un silo pour les combustibles bois. Ces problématiques ne se posent pas pour du chauffage au gaz en ville ou une pompe à chaleur. »

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes et facilement évitables ?

« Un des principaux problèmes c’est le dimensionnement des appareils, surtout pour le bois ou les pompes à chaleur. Un appareil de chauffage au bois surdimensionné va entrainer une surchauffe. Les utilisateurs vont fermer le tirage entrainant un mauvais rendement, un encrassement du conduit et une détérioration prématurée de l’appareil. Sur les pompes à chaleur surdimensionnées, il n’y a pas d’encrassement du conduit, mais il se produit des court-cycles : mise en route, arrêt, remise en route, arrêt… ce qui endommage également l’appareil. »

« En rénovation, ce qui est très largement sous-estimé c’est le nettoyage des installations avant la mise en place des nouvelles chaudières. Un rinçage ou un désembouage du circuit de chauffage doit être effectué avant l’installation de la nouvelle chaudière ou pompe à chaleur. C’est d’ailleurs écrit sur toutes les notices d’installation. Les particuliers doivent penser à le demander à l’installateur quand cela n’est pas précisé sur le devis. On voit des symptômes au contact des radiateurs qui ne sont pas uniformément chaud (points froids en bas ou sur le côté) et dans l’eau de purge du radiateur qui peut être grisâtre, rouge, voire noire. Avant d’installer une nouvelle chaudière, il faut donc procéder à un bon nettoyage de l’installation. »

Travaillez-vous avec un réseau d’installateurs dédié ?

« Nous n’avons pas de réseau d’installateurs car nous sommes financés par des fonds publics et sommes donc complètement neutres et indépendants. Nous conseillons aux particuliers de multiplier les devis (en moyenne 3) et bien souvent, les personnes reviennent pour que nous les aidions à regarder les propositions, les tarifications, si les règles de pose sont bien respectées. Il n’est pas toujours évident pour les particuliers de faire la différence entre deux chaudières. C’est la même chose pour l’isolation : c’est difficile pour les personnes de faire la différence entre tous les matériaux proposés et de démêler ce qui est dit notamment sur internet. Le milieu du bâtiment, du chauffage, de l’isolation peuvent paraître opaques car les particuliers ne s’y intéressent que quand ils lancent des travaux. »

Menez-vous des opérations de sensibilisation via thermographie aérienne en région bordelaise ?

« En 2009, la communauté urbaine de Bordeaux a réalisé une campagne de thermographie infrarouge, nous avons réalisé l’animation de ce dispositif. Ça a été un outil de communication assez exceptionnel, avec un très grand nombre de visites sur le site. Après il est difficile de quantifier les passages à l’acte directement liés à l’opération. Cependant, les personnes ont pu regarder leurs maisons et voir les déperditions de manière très parlante. Quand on dit à une personne que sa toiture est en très mauvais état, c’est abstrait, alors qu’une photo illustrant les pertes d’énergie parle tout de suite. »

Avez-vous un dernier point à communiquer à nos lecteurs ?

« Quand on réfléchit à des travaux de chauffage, il faut penser à la globalité de la maison. On installe un chauffage dans un contexte : isolation, confort recherché, exposition. La question du chauffage découle de tout un ensemble, donc on ne peut pas correctement répondre à une problématique sur l’installation ou le remplacement d’un mode de chauffage sans prendre ce tout en considération. »

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