Relais Métisse : une isolation écologique et solidaire

Relais Métisse : une isolation écologique et solidaire

Installée dans le Pas-de-Calais, l’entreprise Relais Métisse a mis au point un isolant thermique et acoustique écologique à partir de vêtements collectés. Plusieurs centres en France et à l’étranger contribuent à l’essor de cette société qui, dans une démarche de développement durable, crée de l’emploi pour les personnes en situation de réinsertion.
Entretien de Votrechaudiere.com avec Alexandre Obert, responsable des ventes de Relais Métisse.

Comment est né le produit Métisse ?

Le produit Métisse a été créé en 2006. La mission principale du Relais est la collecte et le tri des vêtements pour leur donner une seconde vie. Nous nous sommes retrouvés avec de plus en plus de vêtements de mauvaise facture qui ne pouvaient pas être réutilisés tels quels. Il fallait donc trouver une nouvelle issue pour ces textiles, notamment pour les pièces en coton comme les jeans. Des ingénieurs ont travaillé sur les possibilités d’utilisation de ces vêtements, matière par matière. Il a été révélé que le coton constitue une matière très performante pour l’isolation thermique et acoustique.

isolation textile recyclage

L’isolation grâce aux textiles recyclés

 

Les premières années, la production du Métisse a été sous-traitée chez Effiréal près d’Angers. Mais depuis deux ans, nous produisons en propre à Billy-Berclau (Pas-de-Calais) dans un site industriel mis au point par le Relais et entièrement dédié à la fabrication du Métisse. L’activité représente vingt personnes dédiées à la production, à la commercialisation et à la gestion de l’isolant. Mais, plus généralement, le Relais compte 2.200 salariés en France. Il existe une vingtaine de centres de collecte et nous avons créé également trois Relais en Afrique et un au Portugal.

Quelles sont les étapes de production du Métisse ?

Isolation textile

Nous sommes sur un cycle production très court, car le plus grand centre de tri ainsi que l’usine se situent tous deux dans le Pas-de-Calais, dans un périmètre de 20 kilomètres. Le cheminement est le suivant :

  • les vêtements sont triés manuellement
  • ne sont conservés que les pièces 100% coton non-réutilisées en l’état
  • ces dernières sont envoyées dans une usine qui se charge de les effilocher
  • puis cette matière est traitée avec un retardateur de flammes et un antifongique pour éviter les moisissures
  • dans notre usine de Billy-Berclau, les fibres sont nappées de façon à obtenir un mélange composé de 85 % de coton recyclé et de 15% de polyester, puis passées dans un four (peu énergivore) pour réaliser des panneaux, des rouleaux ou du vrac pour les combles perdues.

Quels résultats affichez-vous et quelles sont vos perspectives d’évolution ?

Aujourd’hui, l’isolant Métisse représente environ un million de jeans recyclés. Dans notre plan de développement, l’idée est de multiplier environ par deux la production d’une année sur l’autre. Nous espérons, d’ici trois ans, recycler l’équivalent de 2.000 tonnes de textiles chaque année. A terme, notre objectif est d’ouvrir un second site de production dans le Sud de la France, à la fois pour mieux répartir l’achalandage du territoire, mais aussi pour respecter la volonté propre du Relais dont le principal souci est de créer de l’emploi, principalement pour les personnes en situation de réinsertion professionnelle. Tous les bénéfices des recettes générées par l’ensemble des activités du Relais sont réinvestis dans l’outil de production, soit sous forme de participation auprès des salariés pour moitié et l’autre moitié est réinvestie pour créer de l’activité. Métisse a donc cette vocation de prolonger la mission du Relais, mais c’est aussi un moyen de soutenir l’ensemble des activités du Relais et de pérenniser la collecte et le tri des vêtements.

Où est distribué Métisse et à quel prix ?

Aujourd’hui, en termes de prix, l’isolant Métisse se commercialise au même tarif que les autres isolants tels que le chanvre ou la fibre de bois par exemple. Le produit est distribué sur l’ensemble du territoire français, aussi bien auprès de négociants en matériaux spécialisés que traditionnels. Nous sommes ainsi référencés chez de grands distributeurs de matériaux comme Point P, mais aussi en GSB (grande surface de bricolage) chez Castorama. A titre d’exemple, dans cette dernière enseigne, le mètre2 de panneau se vend environ 10 euros.

Avez-vous des projets en cours ?

Nous continuons de développer notre gamme. L’année qui vient de s’écouler a été consacrée à l’obtention des certifications, mais également au développement de nouveaux produits. Grâce aux propriétés acoustiques exceptionnelles du coton recyclé, nous avons notamment mis au point l’Eko Baffle, qui est un baffle de correction acoustique qui sert à l’absorbation des sons, en évitant les effets d’écho. Notre objectif est d’offrir une gamme complète sur tous les postes possibles et de venir un acteur incontournable de l’isolation.

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